Principes de travail sur les émotions

Ce texte est destiné à ceux qui veulent travailler sur eux même. En priorité à mes clients pour les aider à comprendre ce qu’on fabrique pendant mes sessions, mais aussi pour donner des points de référence à chacun.
Ceci n’est pas un livre de recette, mais bien l’explication de quelques principes fondamentaux. Ce qui veut dire qu’à chaque fois le travail sera différent, mais la structure qui le sous-tend la même.
Rien de ce qui est dit ici n’est à croire, mais à expérimenter par soi-même pour confirmer ou infirmer ce qui est écrit.

Le corps humain nous servira de guide car sa forme physique exprime aussi une structure psychologique.
 On observe 3 centres principaux : Tête, Poitrine, Ventre.

Ces 3 centres physiques sont aussi des centres de fonctions psychiques :

-Tête : Perception/Pensée.
– Poitrine : Sentiments.
– Ventre : Volonté

 

Pourquoi ? Cela nous amènerait trop loin, ce sera le sujet d’un autre article.
L’important ici c’est de prendre cette structure comme un guide de travail et d’en voir pratiquement les résultats.

Bien sûr les fonctions psychiques agissent dans tout le corps mais ici on prend les parties où elles agissent le plus fortement. 
La tête est le centre de la conscience, c’est-à-dire qu’on devient conscient des choses grâce au centre ‘’Tête’’. On y devient conscient du monde extérieur et du monde intérieur. Le monde extérieur, c’est ce qu’on voit autour de nous, le monde intérieur psychique, c’est justement les pensées, sentiments et volontés (ou désirs).  Sentiment et Volonté n’ont pas leur centre dans la tête mais on en prend conscience dans la tête.

On est conscient clairement des perceptions du monde extérieur et des pensées.
 Les processus du ventre sont inconscients : Le métabolisme est inconscient, et la volonté qui lui est liée est inconsciente. On peut être conscient de ce que l’on désire mais  la force volontaire qui nous fait mettre en mouvement, bouger les bras et les jambes reste totalement en dessous de la conscience ordinaire.
Les sentiments, liés au système médian, Poumons-Cœur, respiration-circulation sont semi conscients-semi inconscients.
Pour compléter l’image, on n’est pas dans la tête conscient des choses directement mais de leur reflet. Quelqu’un qui ne vivrait que dans sa tête aurait l’expérience suivante : Il verrait le monde se dérouler tout autour de lui et lui au milieu de ce monde comme son point central, mais il aurait l’impression d’un film se déroulant sous les yeux d’un reflet de lui-même. En bref, rien ne lui donnerait une sensation de réalité. Une structure assez fréquente à notre époque n’est-ce pas ?

Ce qui donne la sensation de réalité c’est l’expérience qui vient du centre ‘’Ventre’’. Mais pour la conscience ordinaire, ce vécu est justement inconscient, inaccessible : on ne sait pas ce qui se passe dans le métabolisme mais c’est ici que sont les forces vivantes.
Le paradoxe de la vie humaine, de son niveau de conscience actuel est celui-ci : L’homme a conscience de lui-même mais c’est une image sans réalité, et le réel se déroule sous sa conscience.

C’est ici que le travail émotionnel devient intéressant : les sentiments étant entre la tête et le ventre l’illusion, l’image et la réalité, ils deviennent une porte d’entrée vers les forces du vivant.  (Entre parenthèses, je ne fais pas ici de différence entre sentiments et émotions. La sphère ‘’Poitrine’’ englobe toute cette zone.) Les sentiments sont le moyen par lequel  la conscience peut accéder au réel.

Mais ça ne se fait pas tout seul. Il faut apprendre à sentir les sentiments. C’est-à-dire les autoriser, les laisser être ce qu’ils sont sans interprétation ni manipulation. Expérimenter les sentiments tels quels a un but : Passer à travers l’illusion de son existence pour se connecter aux forces du vivant, dans les profondeurs de notre être : Le ventre comme source de toute volonté et de tout désir.

Il faut d’abord apprendre à stabiliser son attention. La pensée ordinaire passe sans cesse du coq à l’âne.  La première chose à faire, c’est apprendre à observer silencieusement une chose et une seule, sans laisser l’esprit s’égarer sur d’autres histoires. S’égarer fait partie du jeu. Pas de problème : Il suffit de le remarquer et de revenir à son observation initiale…
Si on travaille sur un événement qui nous a blessés par exemple : Il faut placer cet évènement au milieu de son attention et se passer le film en boucle. Pas par masochisme mais pour observer. Il faut laisser de l’espace. Il faut passer le film avec la question très simple : Quelles sont mes réactions quand j’observe cette scène ? Les réactions peuvent être : Des pensées qui surgissent, des réactions physiques, douleurs, tensions, modifications de la respiration, émotions…Ou aucune sensation, ce qui est aussi une sensation…

Tout l’art ici consiste à rester suffisamment concentré mais aussi suffisamment relâché et accueillant pour ce que l’on perçoit. On fait travailler ensemble la tête qui observe et le cœur qui accueille. À chaque instant il faut réajuster la qualité de son attention. Trop de concentration bloque, trop de relâchement, on s’endort…Donc apprendre à tenir le gouvernail d’une main ferme sur une mer d’émotions…

Quand on a bien expérimenté l’émotion jusque dans sa vibration, et seulement à ce moment-là, pas avant sinon ça reste un jeu intellectuel, on peut faire le pas suivant : De la poitrine au ventre, du sentiment à la volonté.

Pratiquement on pose des questions du genre : Quel est le besoin de cette émotion ? Quand je suis dans cet état quel est mon désir le plus profond ? Qu’est-ce que je veux vraiment alors ?…
C’est un travail qui demande une très grande honnêteté intérieure, car on peut se trouver très con d’avoir des désirs aussi enfantins…
Mais le principe ici est très simple : Tant les désirs ne sont pas reconnus, c’est eux qui gouvernent inconsciemment votre vie. Les reconnaitre c’est en fait se reconnecter à ses forces de Vie. Une émotion est créée par une force de vie qui n’a pas pu s’exprimer ou trouver son développement naturel. C’est comme une vague de vie, longtemps retenue qu’on libère enfin.

Donc vous donnez de l’espace, de la simple reconnaissance à ce qui vit en vous. Et cela est de la force vitale à l’état pur. C’est l’état d’enfance retrouvé consciemment.
Quand vous sentez cette force de vie, qui vous donne un sentiment d’existence et de réalité, et bien, le travail est fait !

Désolé su j’ai dû être si long mais j’espère vous aider dans votre travail intérieur. Le but de mes thérapies est que vous puissiez le faire vous-même : Si vous préférez commencer ensemble, n’hésitez pas à me contacter pour une session.  Je travaille aussi via Skype si c’est plus simple pour vous.

Portez-vous bien et bonne route à tous !
Christophe

PS: You can also see a short video in English on this item:

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